La mort chez les Wayüu

Par Marcela GUTIERREZ QUEVEDO

juillet 2020 10 mn fr

Le cimetière d’une communauté Wayuu est le lieu fondateur de celle-ci, son identité. La disparition d’un cimetière fait disparaître sa communauté., ce qui est arrivé lorsque l’entreprise minière El Cerrejon a fait disparaître plus de 100 cimetières pour exercer son activité.
Cet article développe aussi la cosmogonie Wayuu. Bref, il est un document très utile pour qui veut approcher ce peuple.

Temps de lecture estimé : 10 mn

pages 107 à 114 de Marcela GUTIERREZ QUEVEDO
Thèse : Les Wayuu, l’Etat de droit et le pluralisme juridique en Colombie
Thèse dirigée par Gérard COURTOIS - Soutenue le 1 juillet 2010

Voir photos en fin d’article

1/ La vie post mortem

Chez les Wayuu le cycle de la vie ne se termine pas avec la mort. Après cet évènement les humains se retrouvent sous la forme d"une âme appelée yoluja, dans une sorte d"éden au-delà des terres habitables, gardé par une presqu"île montagneuse réputée infranchissable par les vivants. Cette terre des yoluja s"appelle Jepira. De ce séjour les yoluja peuvent sortir et revenir chez les vivants ce qui pour ceux-ci est très dangereux d"autant que les morts sont considérés comme rancuniers. On peut aussi communiquer avec eux par les rêves.

Comme nous l"avons dit c"est un lieu de plaisirs faciles. Bien que les hiérarchies sociales y soient le décalque de l"existence terrestre, l"abondance de nourriture y règne et les femmes y sont les maîtresses de la vie sexuelle. Le séjour à Jepira dure environ deux/trois ans.

Après les âmes se métamorphosent, elles deviennent des parties d"un des deux principes divins de l"univers en qui elles se fondent. Une partie vient se perdre en Juya le principe masculin, maître de la pluie et est appelée à revenir sur terre sous forme de pluie ; une autre intègre le principe féminin dangereux Pulowi et se manifeste sous forme de wanili dont les flèches invisibles apportent maladies et mort.
(M. Perrin, Le chemin des indiens morts, mythes et symboles guajiro, Payot, Paris, 1996, p. 165-202.)

Ces conceptions ne sont pas purement idéologiques. Les Guajiros dans leur vie de tous les jours sentent la présence des yoluja. On dit que les animaux et les enfants nouveau-nés les voient quand ils s"approchent dangereusement des maisons. On leur attribue généralement le décès des enfants. Certains guajiros placent les crânes des animaux sur les piquets de leurs basses-cours pour empêcher que les yoluja ne s"approchent des animaux et les tuent. La nuit, on ferme les portes des maisons pour s"en protéger car ils pourraient entrer et enlever un parent ou un conjoint.

On peut aussi les rencontrer moins dangereusement dans les rêves. Le yoluja et celui qui rêve se parlent ; celui qui rêve reçoit ainsi la visite des ses ancêtres et de ses proches parents décédés qui viennent lui tenir compagnie, le remettre en question, ou lui transmettre des messages qui peuvent lui servir dans sa vie quotidienne.

Chacun pense que prospérité personnelle et survie, dépendent de bonnes relations avec les yoluja et les autres êtres surnaturels, que ce soit directement ou par l"intermédiaire d"une tierce personne. La pêche, le bétail, l"approvisionnement en eau, l"immunité contre les accidents, la santé des enfants, tout est entre les mains d"un pouvoir invisible.

Bien que l"on ne puisse nier l"originalité des conceptions wayuu, elles appartiennent à un faisceau de croyances bien connues qui toutes se préoccupent de penser une survie après la mort. Comme l"a montré Edgar Morin, prolongeant Frazer, ces conceptions admettent une certaine immortalité d"une sorte de double du défunt. Il définit l"immortalité comme la « prolongation de la vie pour une durée indéfinie, même si elle n"est pas nécessairement éternelle… La mort est donc, à première vue, une sorte de vie qui prolonge, d"une manière ou d"une autre, la vie individuelle ». Le défunt a une sorte « d"autre lui-même » sous la forme d"un double ou d"un spectre. Ce double ressent les mêmes besoins élémentaires que les vivants, les mêmes passions et sentiments. Duddley Kidd (The essential Kafer, Londres, 1904) cite ces aphorismes cafres : « quand les hommes vivent, ils se réjouissent de la même manière de l"éloge et de l"adulation, de la nourriture et du plaisir ; après la mort ils continuent d"aimer la même chose ». Les doubles ont donc besoin de manger ; ils ont besoin d"armes, de biens, et même de leurs veuves et de leurs esclaves. Ils continuent d"exercer leurs activités, de mener leur mode de vie au-delà de la mort. P. Valéry, commentant l"analyse de la crainte des morts par Frazer, écrit : « Les morts sont considérés à l"image du vivant...de la Mélanésie à Madagascar, du Nigéria à la Colombie, chaque tribu craint, évoque, alimente, utilise ses morts ; elle entretient avec eux un commerce, leur assigne un rôle positif dans la vie, les supporte comme des parasites, les reçoit comme des hôtes plus ou moins désirables, leur attribue des besoins, des intentions, des pouvoirs ».
(Edgar. MORIN El hombre y la muerte. Cairos. Barcelona. 1994, p. 23.)

Par de nombreux traits ces conceptions expriment l"esprit de la vision wayuu de la mort.

L"originalité des wayuu se marque plutôt par leur conception d"une autre vie qui succède à l"éden, et peut-être encore par leur rituel des doubles enterrements que nous allons examiner maintenant.

2/ Les doubles enterrements

Comme le dit une informatrice, Rosario Epieyú : « Les Wayuu sont de là où sont leurs morts »". Les enterrements se font en deux temps : on commence d"abord par inhumer le corps avec certains objets lui ayant appartenu et ensuite, deux ou trois ans plus tard, il est exhumé, incinéré, ses restes sont placés dans le cimetière clanique, à l"intérieur de jarres en terre cuite ou de tombes en ciment.
Les deux enterrements successifs sont l"objet de rites très riches et l"occasion de rassemblements festifs qui peuvent durer plusieurs jours et même plusieurs semaines selon l"importance du lignage du défunt. Lors des cérémonies de nombreux dons de nourriture, de véritables banquets sont offerts aux invités. C"est l"occasion pour la famille de mettre en scène et de raffermir ses relations sociales.

a) Le premier enterrement

Pour décrire les cérémonies de ce premier rituel nous utiliserons les travaux de M. Perrin, complétés par ceux de J.G. Goulet et d"Armstrong et Métreaux. Les parents du défunt recouvrent son cadavre et le laissent seul pendant quelque temps. Ainsi son âme peut se préparer à quitter les lieux et les gens qui lui sont proches. Son corps est ensuite lavé par les membres de sa famille les plus proches, puis essuyé, vêtu avec ses plus beaux vêtements, paré de ses plus beaux bijoux, ou de ses objets les plus chers. Enveloppé dans un grand tissu, il est ensuite placé de façon provisoire dans un hamac. Avec les pleurs rituels, les ayalaja, débute la soirée funéraire à proprement parler, l"alapaja. Elle se caractérise par une grande réunion d"hommes et de femmes, qui, prévenus par des “messagers”, arrivent des zones les plus éloignées du lieu où doit avoir lieu la cérémonie funéraire. On doit recevoir une invitation pour assister aux funérailles, les invitations concernent les parents du clan, les parents par mariage, les voisins ou les amis, dont le nombre dépend essentiellement du statut du défunt. Au fil des jours, l"assemblée se fait plus dense et de véritables campements sont organisés pour accueillir les invités. Les femmes alternent pour pleurer. Les hommes, souvent ivres, soutiennent des conversations de plus en plus bruyantes. Tous profitent de cette occasion imprévue pour aborder les sujets les plus divers.

Un ou deux jours après le décès, le corps est enveloppé dans une peau de bovin, ou étendu dans un cercueil, selon les coutumes héritées de l"Occident. Quand approche le moment prévu pour l"enterrement - ojoita - ce qui peut avoir lieu deux, trois, quatre jours, et même quelquefois un mois après la mort, selon le statut du défunt - l"unna » est transportée du lieu où elle était exposée jusqu’au lieu où elle sera enterrée. Elle est à nouveau exposée sous un auvent de palmes situé tout près de la future sépulture (Ojoitüi, ou ojoijüi). La veillée funèbre peut s"y prolonger pendant quelques heures. Au milieu de lamentations croissantes, le corps est finalement descendu soit dans le caveau, soit dans la fosse, ensuite refermé ou remblayée par le membre de la famille le plus proche du défunt qui l"avait ouverte, ou creusée.

Perrin, op. cit., p. 185, précise : « En langue guajiro, ce cercueil s"appelle unna (de l"espagnol urna). Quand il est fabriqué par les indiens, il est constitué de préférence par les deux moitiés creusées du patsua. Cet arbre (Eruthrina corollandendron) aurait la propriété de secréter une résine abondante qui empêcherait les odeurs nauséabondes dès que l„on refermerait hermétiquement les deux parties. Autrement, quand la veillée funèbre dure longtemps, le cadavre est ressorti régulièrement, lavé et aspergé d"alcool ou de parfum, enduit avec de l"huile, couvert de talc et, actuellement, on utilise également le formol pour éviter que l"atmosphère ne devienne irrespirable au point d"indisposer les pleureuses. D"après les vieux Guajiros, autrefois, le corps des morts était replié sur lui-même, les genoux ramenés sur le ventre, les mains sur le visage, les bras s"appuyant sur les cuisses dans une position foetale. Il était aussitôt enveloppé dans une peau de bovin fraîchement tannée qui était ultérieurement cousue ».

La fosse (amuuyu ou amauyu) dans laquelle on déposait autrefois le cadavre était située à faible distance de la maison du défunt, généralement au point le plus élevé. Aujourd"hui, les urnes sont le plus souvent déposées dans des tombes de pierre ou de ciment peintes en blanc appelées woowira (de l"espagnol boveda -caveau-), selon le modèle colombien ou vénézuélien. Situés sur des lieux élevés, les cimetières guajiros appelés sementereria (de l"espagnol cementerio) regroupent plusieurs sépultures de ce type. Comme les anciennes tombes, directement creusées dans le sol, ces sépultures sont presque toujours orientées Est–Ouest avec des écarts qui ne dépassent pas quinze degrés d"un côté ou de l"autre. Sur une cinquantaine de cimetières observés, je n"ai rencontré que deux exceptions à cette règle dans le cas de cimetières situés à proximité de la frontière.

Comme le dit B. Saler : « quand on fait « cadeau » d"animaux … ceux-ci ne sont pas tant offerts, mais plutôt prêtés, voire même, si l"on se place dans un cadre social plus vaste, investis », Guajiro disputes, Manuscrit consultable, 1974, p. 63, cité par J.G. Goulet, op.cit.

Très souvent, les provisions qui “serviront pendant le voyage à Jepira” auront été précédemment déposées à côté de l"urne. La famille du défunt offre tout au long des journées de présence des invités une très grande quantité de bétail consommé sur place et/ou emporté par chacun. Ces dons ostentatoires appellent une réciprocité différée, ils engagent ceux qui les reçoivent. A Jepira, le mort y trouvera le bétail sacrifié pendant la cérémonie funèbre. Dans une ambiance de plus en plus marquée par l"alcool et la fatigue, la veillée funèbre peut se prolonger quelques jours de plus. C"est à ce moment-là que les hommes 111 organisent des concours de tir à la cible (ashanajirawaa), et que de vieilles rivalités peuvent dégénérer en de cruels combats.

Peu de temps après le premier enterrement il est interdit de prononcer le nom du défunt et il serait considéré comme dangereux de le faire. Toute infraction à cette règle obligerait le coupable à payer une compensation aux membres les plus proches de la famille du défunt. Il ne faut pas non plus donner aux nouveau-nés le prénom d"une personne récemment décédée. Ces deux interdits s"expliquent par le fait que le défunt est envoie d"être transformé en yoluja. Sous cette forme, il conserve son identité. On peut le reconnaître s"il vient visiter les vivants dans leurs songes, ou dans ses déambulations nocturnes. Pour éviter ce retour sinistre, on ne doit pas le nommer. De même le cadavre d"un mort récent conservant son identité jusqu"à la veillée funèbre de son second enterrement, il ne faut pas prendre son nom pour le donner à un nouveau-né. Après l"enterrement, pendant quelques jours pour un enfant et jusqu"à un mois pour un adulte, chaque soir on allume un feu dans la sépulture du défunt « pour qu"il ne souffre pas de l"obscurité ou du froid ».

b) Le deuxième enterrement

Nous décrirons ses rituels en utilisant les mêmes sources que précédemment. Trois ans au moins après le premier enterrement le squelette du mort est exhumé. Il devient alors le centre d"une nouvelle cérémonie. On y retrouve les pleurs rituels, une importante réunion sociale (avec invitations formelles et campements prévus) et la consommation d"aliments et de boissons (en quantité sensiblement moindre). L"exhumation et la préparation préliminaire des restes semblent se font d"une façon très discrète, un petit nombre d"invités peut y assister. Un homme ouvre la tombe, sort le cadavre de la peau de bovin qui l"entourait et le remet à des proches parentes. Les restes du mort sont conçus comme dangereux, ces femmes ne les approchent qu"en étant soigneusement préservées d"un contact direct. Un drap leur couvre la tête et le corps, leurs mains portent des gants ou sont enveloppées dans un tissu protecteur. La première choisit et nettoie les os puis les remet à une autre, qui les place en ordre dans une urne funéraire d"argile, ou dans un filet à mailles serrées. Ces récipients seront exposés pendant la veillée funèbre chez les parents du mort, ou sous un auvent installé près du cimetière réservé aux restes. Pendant ce temps, les hommes se rassemblent à proximité pour jouer aux dominos, boire de l"alcool et bavarder. Au cours de cette phase ont lieu de généreuses distributions de cadeaux appelés les « larmes des gens ». Ils représentent une compensation pour la douleur des personnes en deuil.

Les restes sont ensuite transférés dans une très grande urne (pachisha) où sont regroupés et se désagrègent les restes de tous les morts du matriclan ou du même matrilignage. Souvent aujourd"hui c"est le plus souvent une petite urne qui reçoit les os, on la place telle quelle dans un petit caveau de ciment qui regroupe les restes des autres membres de la famille morts il y a longtemps. Quelle que soit leur taille les caveaux wayuu sont semi enterrés et peints en blanc.
Un dernier rituel clôt la cérémonie, les hommes de l"assistance avant de se séparer pratiquent un tir à la cible. On dit que ce tir à la cible fait peur aux yoluja, qui resteront ainsi à bonne distance du cimetière. C"est également l"occasion pour les hommes de se montrer et de montrer leurs armes. Ce dernier tir indique que les parents du défunt ont rempli leurs obligations à l"égard de leur ancêtre, c"est-à-dire que ses restes ont bien été transférés à l"ossuaire et des animaux ont été tués et offerts.

Après ce “deuxième enterrement”, les restes ne font plus l"objet d"aucun soin. Ils sont “ perdus pour toujours ”, disent les Guajiros. Aucune autre cérémonie, aucune manifestation n"est plus destinée aux morts. Ces morts restent pourtant dangereux, au contraire du précédent enterrement, les parentes qui ont manipulé les restes sont soumises quelque temps à des interdits de contact. Elles sont censées transmettre une maladie appelée « contagion par les os ». Comme toute personne en état d"impureté elles doivent se garder d"une consommation abondante de nourriture et dans la mesure du possible ne pas toucher avec les doigts ce qu"elles consomment.

Les restes des morts de mort violente sont soumis à des interdits encore plus stricts. Les hommes ne doivent ni les pleurer ni les toucher d"aucune manière (sauf s"ils sont âgés). Les parents utérins de la victime peuvent placer à coté du cadavre, dans la sépulture, un coq vivant, un cochon vivant, un chien vivant ou un crabe vivant. Les gens disent que les animaux enterrés avec la victime jettent de mauvais sorts à l"agresseur, qui doit souffrir de maladies physiques et / ou mentales symbolisées par ces animaux. 113 Ils ne sont pas enterrés au cimetière avec les restes des autres membres de la famille du défunt : ils sont emmenés et placés dans un lieu éloigné, à l"écart, dans la campagne, où ils sont enterrés seuls, à part. On dit en général que l"on procède ainsi afin d"empêcher que les membres de la famille de la victime ne soient eux aussi victimes d"une mort violente.

Nous avons exposé la pratique traditionnelle des enterrements telle qu"on pouvait l"observer, au moins dans la haute guajira jusqu"à ces dernières années. Les conceptions des wayuu concernant la mort se fragilisent bien sûr sous le coup des connaissances apportées par la médecine moderne, la religion chrétienne et leurs contacts beaucoup plus intenses avec les autres acteurs sociaux qui partagent leur territoire. Leurs rites s"en ressentent : ils incluent des coutumes de la religion catholique, ils admettent que des curés interviennent dans les enterrements, ils peuvent utiliser les cimetières paroissiaux. Dans le même sens certaines familles réduisent considérablement la réclusion des fillettes lors des premières règles. Inversement, l"imagerie judéo-chrétienne se modifie localement au contact des wayuu. Des marqueurs restent nécessaires pour signifier et rythmer les étapes du cycle vital, la Guajira connaîtra sans doute un syncrétisme dont nous ne discernons pour l"instant que les premiers éléments.

La pratique d"un second enterrement reste aujourd"hui tout à fait respectée, néanmoins sa nécessité symbolique est moins bien comprise des acteurs que le « séjour à Jepira. Deux motivations semblent s"y croiser et se renforcer.

Lors du premier enterrement, la personne survit comme un spectre mais avec son individualité or, la pensée religieuse indienne comprend que cette individualité ne peut durer très longtemps et avec une grande cohérence, elle pense un moment ultime de fusion dans la « nature », c’est-à-dire dans le monde de la vie partagée entre les deux identités Juya et Pulowi, à ce niveau les êtres perdent toute individualité personnelle. Ils sont recyclés soit dans le dieu de la pluie soit dans la déesse des animaux et plantes sauvages mais aussi de la mort. Dans ce cas ils reviennent sous forme de wanülüü dont les flèches invisibles rendent malades. Les wayuu ne savent pas et semble-t-il se désintéressent de la question : selon quelles raisons s"effectue le partage des restes entre les deux entités. Pour eux l"essentiel est dans le recyclage lui-même et ils ne songent pas qu"il pourrait y avoir un monde sans cette mort qui appartient au cycle de la vie, donc ce n"est pas le destin des « méchants » que d"y participer. Ils sont dans le droit fil de nombreuses religions sur ce point, par exemple shiva le plus grand des dieux du panthéon hindouiste est à la fois un dieu de l"existence sublime et de la mort qui décidément est indépassable donc divine elle aussi. Les prédicateurs chrétiens qui abondent désormais dans la Guajira ont bien essayé de lier la bifurcation entre Juya et Pulowi avec leur idée de rétribution post mortem des péchés commis sur terre, mais sans grand succès pour l"instant. Pour les wayuu de toute manière, la mort n"apparaît ni comme un châtiment ni comme une récompense, mais comme une deuxième vie encore individualisée avant la fusion dans les principes vitaux fondamentaux qui en nourriront le monde.

L"autre motif qui peut animer la pratique des seconds enterrements est dans l"idée que les os de l"individu malgré ses trajets et ses alliances finissent par réintégrer le lieu des ancêtres qui fondent le lignage, ils viennent in extremis nourrir la substance clanique ou lignagère et permettent de fonder l"espoir que le clan durera éternellement. L"âme elle-même des individus ne se perd pas, elle reviendra vivifier le dieu Rêve qui en redistribuera une parcelle à chaque futur nouveau né.

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